C’est l'équipement que tout le monde associe à la stérilisation. Celui qu’on surveille du coin de l'œil, dont on attend le bip de fin de cycle. Pourtant, un autoclave peut terminer son cycle sans erreur et rendre une charge qui n’est pas stérile. Il suffit d’un type d’appareil inadapté, d’un cycle trop court, d’une cuve trop pleine, ou d’une requalification oubliée.
Les sachets sont scellés. Voici la cinquième étape : la stérilisation.
Ce que disent les textes
La grille d'évaluation des cabinets dentaires de la Direction générale de la santé (2011), qui s’appuie sur le guide de prévention de 2006 (nouvel onglet), est précise :
- La vapeur d’eau est le procédé de référence. Les autres procédés (chaleur sèche, vapeur chimique) sont à éviter au cabinet dentaire.
- L’autoclave doit être de type B, au sens de la norme NF EN 13060 sur les petits stérilisateurs à vapeur d’eau. C’est le seul type utilisable en routine au cabinet.
- Le cycle utilisé est exclusivement le cycle à 134 °C maintenus pendant 18 minutes, dit cycle prion.
- Le procédé est qualifié sur site à l’installation, selon la norme NF EN ISO 17665-1, puis requalifié à intervalles réguliers.
- Un contrat de maintenance et un document qui consigne tous les événements de la vie de l’appareil (entretien, maintenance, pannes) sont attendus.
Type B, S ou N : ce que dit la plaque
La norme NF EN 13060 distingue trois types de cycles, selon ce que l’appareil est capable de stériliser.
| Type | Ce qu’il stérilise | Au cabinet dentaire |
|---|---|---|
| B | Tout : instruments emballés ou non, pleins, creux, poreux | Le seul type utilisable en routine |
| S | Seulement les charges définies par le fabricant | Indications restreintes, selon le fabricant |
| N | Seulement des instruments pleins, non emballés | Inadapté : il ne stérilise ni les sachets ni les instruments creux |
Un autoclave de type B commence par un vide fractionné, qui chasse l’air de toute la charge (sachets, instruments creux), et finit par une phase de séchage sous vide.
Le cycle prion, et lui seul
Le cycle prion désigne un plateau de stérilisation à 134 °C maintenu pendant 18 minutes. Ces paramètres viennent d’une circulaire de 2001 sur les agents transmissibles non conventionnels (les prions). Trois précisions :
- 18 minutes, c’est le plateau, pas la durée totale. Avec la mise sous vide, la montée en température et le séchage, un cycle complet approche ou dépasse l’heure.
- Les cycles courts (134 °C pendant 3,5 minutes, par exemple) ne servent qu’aux tests, cuve vide. Il est interdit d’y stériliser des instruments.
- Les cycles « rapides » ou « éco » de certains appareils raccourcissent le prétraitement et le séchage pour de petites charges, mais gardent le plateau de 134 °C pendant 18 minutes.
Un autoclave de type B conforme à la norme a le cycle prion programmé. Encore faut-il que ce soit celui qu’on lance.
Charger la cuve
La vapeur doit atteindre chaque instrument, puis la charge doit sécher. Le chargement suit d’abord les préconisations du fabricant. À défaut, la grille de la DGS donne la règle :
- Les sachets sur la tranche, papier contre papier, plastique contre plastique.
- Rien contre les parois : un sachet qui touche la paroi peut y coller, le plastique peut fondre.
- Pas trop serrés : une cuve surchargée stérilise mal et sèche mal. Des sachets qui ressortent humides sont souvent le signe d’une surcharge.
- Sur plateaux superposés, sans chevauchement, pour les sachets qui ne tiennent pas debout.
À chaque cycle, un intégrateur physico-chimique placé au cœur de la charge vérifie que la vapeur l’a bien atteinte. Nous y reviendrons dans l’article sur la libération de la charge.
L’eau compte aussi : la vapeur doit être exempte d’impuretés pour ne pas abîmer les instruments ni l’appareil. La qualité de l’eau qui alimente l’autoclave suit les instructions du fabricant.
La qualification : la preuve que ça marche chez vous
Un autoclave est contrôlé en usine. Puis il voyage, il est installé dans votre salle de stérilisation, avec votre alimentation électrique, votre eau, vos sachets et vos cassettes. La qualification opérationnelle sur site sert à prouver qu’il stérilise correctement dans ces conditions réelles.
| Question | Ce que dit la grille de la DGS |
|---|---|
| Quand ? | À l’installation, puis à intervalles réguliers, et dès que les enregistrements s'écartent de ce qui est attendu |
| Selon quelle norme ? | NF EN ISO 17665-1 |
| Par qui ? | Le fabricant, certains distributeurs ou un organisme agréé, avec un matériel de mesure accrédité. Si le fabricant prend les mesures, leur validation revient à un organisme indépendant |
| À quel rythme ? | La profession estime raisonnable une requalification au minimum tous les 1 000 cycles ou tous les 2 ans, au premier des deux termes échu |
Le résultat est un dossier : il se range, et sa date se suit.
Le contrat de maintenance et le cahier de vie
Chaleur et pression à chaque cycle : l’autoclave s’use. La grille de la DGS attend deux choses :
- Un contrat de maintenance qui précise la fréquence des visites, le type d’interventions, les pièces détachées et le délai d’intervention en cas de panne. Les clauses se vérifient avant de signer, et par écrit si besoin.
- Un document qui consigne tous les événements : entretien, changement de joints et de filtres, pannes, interventions, requalifications. Avec une personne désignée pour le tenir, dès l’arrivée de l’appareil.
L’entretien courant prévu par le fabricant (nettoyage de la cuve et des plateaux, changement de joints ou de filtres) peut être fait par l'équipe. Il se note aussi.
Avant d’acheter un autoclave
À quelques semaines de l’ADF, cinq questions à poser au vendeur :
- Est-il de type B, conforme à la norme NF EN 13060 ?
- Le cycle prion est-il programmé, et facile à sélectionner ?
- La qualification opérationnelle sur site est-elle comprise, et par qui sera-t-elle validée ?
- Que prévoit le contrat de maintenance : visites, pièces, délai d’intervention, requalifications ?
- Où va-t-il s’installer dans votre marche en avant, et de quelle eau a-t-il besoin ?
Faire le point en cinq questions
- Votre autoclave est-il de type B ? La plaque ou la notice l’indique.
- Le cycle lancé chaque jour est-il bien le cycle prion, 134 °C pendant 18 minutes ?
- La cuve est-elle chargée selon la notice, sans sachet contre les parois ?
- Quelle est la date de la dernière qualification, et combien de cycles depuis ?
- Où sont notés l’entretien, les pannes et les interventions ?
Prochains articles
Le 12 novembre, avant l’ADF : faire l’inventaire de ses équipements, avec un modèle à télécharger. La série reprend le 26 novembre avec l'étape qui suit le cycle : libérer la charge, tracer et stocker.



