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Hygiène et stérilisation ·5 min de lecture

Le nettoyage. Cuve à ultrasons et laveur désinfecteur, chacun son rôle.

Laveur désinfecteur, cuve à ultrasons, brossage : ce que fait chaque méthode de nettoyage des instruments dentaires, ses limites, et comment la contrôler.

L’équipe RomaldentMaintenance et traçabilité
Laveur désinfecteur ouvert dans une salle de stérilisation dentaire, paniers d’instruments sortis sur leurs rails.

Les instruments sortent du bac de pré-désinfection et entrent dans la zone sale de la salle de stérilisation. Ils sont moins contaminés, mais ils ne sont pas propres. Un fragment de ciment dans les spires d’une fraise, un film de sang séché : l’autoclave ne les fera pas disparaître. Il stérilise une surface propre. Il ne nettoie pas.

C’est tout l’enjeu de cette troisième étape.

Ce que disent les textes

La grille d'évaluation des cabinets dentaires de la Direction générale de la santé (2011), qui s’appuie sur le guide de prévention de 2006 (nouvel onglet), pose cinq repères :

  • Les ultrasons sont une aide au nettoyage, pas une méthode à part entière. Ils se complètent toujours par un brossage ou un passage en laveur-désinfecteur.
  • La cuve à ultrasons doit être assez grande pour que rien ne soit entassé, fermée par un couvercle, et son efficacité régulièrement vérifiée.
  • Le laveur-désinfecteur assure une désinfection thermique conforme à la norme NF EN ISO 15883. Il est qualifié par l’installateur à sa mise en service, puis entretenu selon le calendrier du fabricant.
  • Le nettoyage manuel se fait avec des brosses douces, nettoyées et désinfectées. Les cardes métalliques et les éponges sont proscrites.
  • Un rinçage abondant est obligatoire après le nettoyage, à l’eau courante.

Trois méthodes, trois rôles

MéthodeCe qu’elle fait bienSes limites
Cuve à ultrasonsDécolle les dépôts fins et cassants (ciment, débris), atteint les très petits instruments (fraises, limes)Ne suffit jamais seule. Perd son efficacité si les instruments sont entassés
Laveur-désinfecteurNettoie, désinfecte par la chaleur, rince et sèche. Le cycle est reproductible et enregistrableDoit être qualifié et entretenu. Un mauvais chargement gâche le cycle
Brossage manuelSolution de secours quand il n’y a pas de laveur, ou quand il est en panneDépend entièrement du geste, et expose aux blessures

Même avec un laveur-désinfecteur, la cuve à ultrasons reste utile : la grille de la DGS la recommande pour les débris cassants comme le ciment et pour les très petits instruments.

La cuve à ultrasons

C’est l'équipement le plus discret de la salle de stérilisation, et pourtant il demande lui aussi un suivi.

PointCe qu’on vérifie
La tailleLes instruments sont complètement immergés et ne se chevauchent pas
Le couvercleIl reste fermé pendant le cycle. Il protège des aérosols de produit et réduit le bruit
Les petits instrumentsLes fraises vont dans un support dédié (séquenceur ou panier fin) plutôt qu’en vrac
La vidangeUn modèle à vidange directe évite de transporter un bac plein, lourd et instable
L’efficacitéUn test régulier : une feuille d’aluminium posée à la surface du bain doit être percée en quelques minutes de petits trous régulièrement espacés, ou bien un test du commerce prévu pour cela
L’usureLe générateur d’ultrasons vieillit. Une cuve qui « chauffe mais ne travaille plus » se repère au test, pas à l’oreille
Trois feuilles d'aluminium : lisse avant le test, percée de petits trous réguliers quand la cuve à ultrasons est efficace, avec peu ou pas de trous quand la cuve est à faire vérifier.
Le test de la feuille d'aluminium : ce que montre la feuille après quelques minutes.

Le bain se prépare selon la notice du produit. La notice de la cuve précise s’il faut un dégazage à vide avant le premier cycle de la journée.

Le laveur-désinfecteur

Le laveur-désinfecteur est un équipement normé, dont le résultat se vérifie.

  • Laveur ou laveur-désinfecteur ? Seul le second, conforme à la norme NF EN ISO 15883, assure une désinfection thermique contrôlée. Un simple laveur n’est soumis à aucune norme et ne remplace aucune étape.
  • La qualification. Elle est faite par l’installateur à la mise en service. Ensuite, les requalifications suivent le calendrier du fabricant et du contrat de maintenance.
  • Le contrôle courant. Un test de salissure placé dans la charge vérifie régulièrement que le lavage fait son travail. Nous y reviendrons dans l’article sur les tests de routine.
  • Le chargement. On respecte les supports prévus par le fabricant, on ouvre les instruments articulés, on ne surcharge pas. Certains laveurs ont des raccords dédiés pour nettoyer l’intérieur des porte-instruments rotatifs.

Si vous prévoyez d’en acheter un, quatre questions à poser avant de signer : est-il conforme à la norme NF EN ISO 15883 ? La qualification à l’installation est-elle comprise ? Que prévoit le contrat de maintenance ? Où va-t-il s’installer dans votre marche en avant ?

Le nettoyage manuel, en secours

Quand le laveur est en panne, il faut pouvoir nettoyer à la main sans improviser.

  1. Se protéger : lunettes, masque, tablier imperméable, gants épais et résistants aux piqûres (pas des gants de soin).
  2. Brosser dans la solution, instrument par instrument, avec des brosses douces de plusieurs tailles et des écouvillons pour les parties creuses.
  3. Rincer abondamment à l’eau courante.
  4. Sécher soigneusement.
  5. Nettoyer et désinfecter les brosses, puis laisser sécher les gants.

Pas d'éponge (impossible à désinfecter) ni de carde métallique (elle raye les instruments, qui deviennent plus difficiles à nettoyer ensuite).

Rincer, puis sécher

Le rinçage n’est pas un détail. Des traces de produit ou de souillures portées à haute température dans l’autoclave abîment les instruments. Un simple trempage dans l’eau ne suffit pas : il faut de l’eau courante, et une douchette aide beaucoup pour les parties creuses. Vient ensuite le séchage, condition de l'étape suivante : un instrument humide ne se contrôle pas bien et ne se conditionne pas.

Faire le point en cinq questions

  1. La cuve à ultrasons a-t-elle un couvercle, et quand son efficacité a-t-elle été testée pour la dernière fois ?
  2. Les fraises ont-elles leur support, ou finissent-elles en vrac au fond de la cuve ?
  3. Votre laveur est-il un laveur-désinfecteur conforme à la norme, et connaissez-vous la date de sa dernière qualification ?
  4. Les brosses sont-elles en bon état, nettoyées, désinfectées ?
  5. Si le laveur tombe en panne demain matin, qui sait comment nettoyer à la main, et avec quoi ?

Prochain article

Les instruments sont propres et secs. Il reste à le vérifier, puis à les emballer : la loupe, les sachets et la thermosoudeuse. C’est le sujet du jeudi 29 octobre.

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